« Les femmes ont leur place partout où se prennent les décisions. »
Ruth Bader Ginsburg
Le retour de Trump a changé le climat
Son retour au pouvoir a eu un vrai impact sur les sujets d’égalité, et pas dans le bon sens. Ça ne reste pas aux États-Unis. Dans une enquête auprès de 1 000 entreprises américaines, près de la moitié de celles qui réduisent ou suppriment leurs programmes de diversité citent l’évolution du climat politique comme facteur clé.
En France, l’AFMD (l’Association française des managers de la diversité) observe les premiers signaux d’un mouvement similaire. Les entreprises convaincues continuent. Les autres en profitent pour lever le pied.
La loi Rixain a fait bouger les choses, un peu
Depuis le 1er mars 2026, les entreprises de plus de 1 000 salariés doivent compter au moins 30 % de personnes de chaque sexe parmi leurs cadres dirigeants et leurs instances dirigeantes. Le seuil passera à 40 % en 2029.
Elle a eu des effets, mais on partait de loin : en 2024, 57 % des entreprises concernées avaient moins de 30 % de femmes parmi leurs cadres dirigeants, et 38 % n’atteignaient pas ce seuil dans leurs instances dirigeantes. Atteindre un pourcentage ne change pas la façon dont le pouvoir s’exerce. Et je me demande ce qui se passera une fois les échéances passées.
Géopolitique : les femmes ne sont pas autour de la table
En 2023, elles ne représentaient que 9,6 % des personnes chargées des négociations dans les processus de paix. Pourtant, les études montrent que les accords durent plus longtemps et sont mieux appliqués quand des femmes y participent.
Quelques voix masculines réclament maintenant plus de femmes dans ces négociations. Tant mieux. Mais la table, elle, reste la même.
L’IA prend la place du budget égalité
Tout le monde investit dans l’IA : outils, formations, transformation des métiers. Pendant ce temps, le budget alloué à l’égalité est faible, voire inexistant. Les chiffres américains vont dans ce sens : parmi les entreprises qui ont réduit ou supprimé leurs programmes de diversité, 40 % ont réinvesti les fonds dans l’IA ou la technologie.
On redessine les métiers et les organisations de demain sans se demander qui les dessine. Rattraper ça plus tard coûtera bien plus cher.
Sororité et mixité : on perd en voix
Dans les entreprises, les clubs de sororité sont peu à peu remplacés par des clubs mixtes. En soi, c’est une bonne chose : sans les hommes, on n’arrivera pas à l’égalité.
Mais dans ces clubs, la parole est de plus en plus donnée aux hommes. Les femmes s’expriment moins, et elles perdent le soutien des autres femmes, celui qui aide à évoluer. La mixité est un objectif. La sororité est un outil. On a besoin des deux.
Ce que je fais de tout ça cette saison
J’ai eu envie de trois choses :
Continuer d’écouter des directrices raconter leur vécu du pouvoir en entreprise.
Interviewer des chercheur·euses pour creuser pourquoi on en est (encore) là, et surtout comment avancer différemment.
Ancrer tout ça dans le concret, avec des entreprises qui s’investissent sur le sujet et qui partagent des pistes pour installer plus de mixité dans leurs sphères de pouvoir.
Que pensez vous du lancement de cette nouvelle saison ?
Vous êtes une entreprise engagée sur le sujet ?
Le podcast s’ouvre cette saison à des partenariats avec des entreprises qui agissent vraiment pour plus de mixité dans leurs instances de pouvoir. Si c’est votre cas, je veux entendre ce que vous avez mis en place, ce qui marche et ce qui bloque, et voir avec vous comment le raconter aux auditrices et auditeurs.
Écrivez-moi à lepouvoiraufeminin.podcast@gmail.com ou sur sur LinkedIn
À très vite,
Nelly Jimenez
Créatrice du podcast Le Pouvoir aux Féminin
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